ARTHUR III De RICHEMONT (Connétable de France et Duc de Bretagne )blason richemont

 

     Arthur III de Richemont est né le 24 août 1393 au château de Suscinio (Sarzeau). Il fut Duc de Bretagne. Il était le deuxième fils de Jean IV (de Montfort), Duc de Bretagne, et de Jeanne de Navarre. Il était également Connétable de France, mais aussi Duc de Touraine, de Dreux, d'Etampes, de Montfort, d'Ivry et baron de Parthenay.

Il reçut de son père les honneurs de Richmond. Effectivement, l'origine de son nom Richemont ou Richemond date de l'époque où Guillaume le Conquérant était le maître de l'Angleterre. Il donna des terres fertiles à ses fidèles combattants dont Alain Le Roux en 1071 (issu d'une branche cadette des Ducs de Bretagne). Ces terres se situaient dans le Nord Ouest du Yorkshire (plus de 200 seigneuries). Alain Le Roux y créa le château de Richmond, d'après le français "riche Mont". Le château donnera son nom à la ville, et au Comté.

   Au début du XVème siècle, la Bretagne du Duc Jean V oscille entre l'influence française et anglaise. Avec la France, la méfiance persiste, conséquence, entre autre, de la tentative manquée d'annexion du duché par le royaume en 1378. En avril 1414, Arthur se met néanmoins, au service de Charles VI, Roi de France. En mai, celui-ci lui confie le commandement d'une importante troupe. Maintenu dans ses fonctions après le siège d'Arras, Arthur regagne Paris en octobre 1414. Apprécié du dauphin, il reçoit les terres de Jean II Larchevêque, coupable aux yeux du roi d'avoir épousé la cause des Bourguignons au siège d'Arras.

   Après le débarquement en août des troupes anglaises d'Henry V, en Normandie, Richemont (âgé de 22 ans) rejoint le dauphin Louis à Azincourt à la tête d'un fort contingent de bretons. Engagé au matin du 25 octobre, la bataille est un désastre pour l'armée française. Richemont n'est pas épargné non plus. Il tombe et se  blesse sur le champ de bataille. Il gît sous un monceau de cadavres mais est reconnu grâce au sanglier peint sur son écu. Commence pour le jeune prince breton une période de captivité de six années en Angleterre, incarcéré d'abord au château de Fotheringay, puis transféré ensuite à la tour de Londres. Après ces années de détention, Henry V lui proposa de le libérer sur parole, à condition d'agir suivant les intérêts anglais. Ce qu'il ne fera pas très longtemps puisque la mort prématurée d'Henri V le 31 août 1422, libéra Arthur de tous engagements à l'égard de l'Angleterre. Trois ans plus tard, Charles VII fils de Charles VI et nouveau Roi de France, proposa l'épée de Connétale à Arthur de Richemont qui l'accepta. "C'était le combattant d'Azincourt qui recevait l'épée, mais c'était aussi le beau-frère du Duc de Bourgogne".

L'entente est pourtant de courte durée. L'entourage de Charles VII s'efforce de desservir Richemont auprès du roi.

La prudence de Jean V et l'embellie diplomatique anglo-bourguignone fragilisent la position de Richemont auprès de Charles VII. Il lui devient difficile de recruter des troupes en Bretagne et ne peut plus jouer les médiateurs entre Charles VII et la Bourgogne. Privé de sa pension de Connétable, Richemont doit se contenter de livrer des batailles de seconde zone près de Parthenay et de Fontenay-le-Comte.

   Les anglais accomplissent d'inquiétants progrès. Après s'être emparés de Laval et du Mans, les troupes du Comte de Salisbry s'avancent vers Orléans. En octobre 1428, ils entreprennent d'assiéger la ville. Mais Charles VII refuse de rappeler Richemont. Le connétable, passant outre aux directives royales, rejoignit Jeanne d'Arc après la délivrance d'Orléans. La rencontre de la jeune guerrière et du connétable est digne de passer à la postérité. "Lors, raconte Guillaume Gruel, il alla à elle et lui dit: "Jeanne, on m'a dit que vous vouliez combattre... Je ne sais si vous êtes de par dieu ou non. Si vous êtes de par dieu, je ne vous crains en rien, car Dieu sait mon bon vouloir; si vous êtes le diable, je vous crains encore moins." Ensemble, ils remportèrent la victoire de Patay (1429), mais le connétable fut prié de ne pas assister aux fêtes du couronnement à Reims.

Attaché à la cause française,  bien que toujours en disgrâce, Richemont s'en va batailler en Normandie, contraignant les anglais à diviser leurs forces. Finalement, la chute du favori de Charles VII, La Trémoille, en 1433, ouvre à Richemont de nouvelles perspectives politico-militaires. Georges de la Trémoille, non content de son traitement, tentera de l'assassiner en 1433, dans le même temps, l'anglais Bedford s'efforce de l'entraîner dans le camp anglais, mais Arthur refusa les avances.

   En 1434, Charles VII compris l'intérêt qu'il y avait à rendre toutes ses prérogatives au connétable, véritable homme de guerre, pour achever l'oeuvre de Jeanne d'Arc. Le 8 mars 1436, Charles VII le nomme lieutenant général en Ile-de-France, Normandie, Champagne et Brie, avec la charge de reprendre Paris. Richemont s'y emploie en réorganisant l'armée et crée les Compagnies d'ordonnance (aujourd'hui gendarmes). Ayant reçu le renfort de troupes bourguignonnes, les anglais sont repoussés aus portes de la capitale. Et Richemont s'empara de la ville le 1er avril 1436. Les troupes bretonnes sont tellement irrésistibles, que des jalousies se font parfois jour comme au siège de Montereau, en 1437, où un chroniqueur rapporte la crainte des Français de voir les bretons s'emparer de la cité avant eux.

   Pendant quinze ans, Arthur domina le pouvoir royal. A la fois général, combattant, organisateur, diplomate, juge, il agit d'une manière si droite que tous, amis ou ennemis, lui ont donné le nom de "justicier". Grâce à lui, la bourgogne se détacha de l'alliance anglaise (1435) et il chassa les anglais de Normandie par la victoire de Formigny (1450). Sa charge de connétable ne l'empêcha pas de s'intéresser aux affaires de la Bretagne et aux membres de sa famille. Par tous les moyens, il s'efforça de sauver son malheureux neveu, Gilles de Bretagne. Mais, le 24 avril 1450 Olivier de Méel, ancien écuyer d'Arthur, l'assassine, il était le frère du Duc de Bretagne François Ier (représentant le parti pro-anglais dans le duché). Après son acte, de Méel fuit en France et trouve asile au château de Marcoussis. Il y fut trouvé et enlevé par deux écuyers d'Arthur, afin d'être exécuté à Vannes le 8 juin 1451.

   Le 22 septembre 1457, Arthur de Richemont voit son second neveu, Pierre II, successeur de François Ier, disparaître à son tour. Cette disparition fait de lui le nouveau Duc de Bretagne. Il prend le nom d'Arthur III. Sans qu'il eut renoncé à la dignité de Connétable de France c'est debout l'épée au fourreau que, refusant l'hommage lige, il ne prêta au Roi de France que l'hommage simple, marquant ainsi l'indépendance du Duché. Mais malheureusement, vieilli et usé il ne régnera que treize mois. Il s'éteint à Nantes le 8 décembre 1458 laissant le duché à François II, père de la future duchesse Anne.

Il s'était marié à trois reprises, mais n'eut pas de postérité.

   Après avoir achevé le récit de sa vie, son historien termine ainsi "en son temps, il n'y avait meilleur catholique que lui qui aimait plus Dieu et l'église. Il était rempli de toutes bonnes vertus. Il était prudhomme, chaste et vaillant autant que prince peut-être, et me semble qu'homme ne devait rien craindre en sa compagnie. Sur toutes choses, aimait gens vaillants et bien renommés, aimait et soutenait le peuple plus que nul autre et faisait largement des biens aux pauvres mendiants et autres pauvres de Dieu".

 

duc de richemont

                                                     Statue du Duc de Richemont place de l'hôtel de ville à Vannes